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AO PPE2 PV Sol : les résultats de la 9e période décryptés

9 octobre 2026 par
AO PPE2 PV Sol : les résultats de la 9e période décryptés


Rappel : qu'est-ce que l'AO PPE2 PV Sol ?

L'appel d'offres « PPE2 PV Sol » attribue un complément de rémunération aux centrales photovoltaïques au sol et agrivoltaïques de 500 kWc à 30 MWc, sans plafond de puissance pour les sites dégradés. C'est le principal outil de développement du solaire au sol en France.

Les offres de la 9e période ont été déposées du 20 au 31 juillet 2026, plus de 13 mois après la clôture de la période précédente (13 juin 2025). La DGEC a publié la liste des lauréats le 9 octobre 2026, le même jour que la délibération de la CRE. Un prix record : qu'en est-il vraiment pour la filière ? Décryptage !

📑 Le cahier des charges de cet AO : les règles du jeu

Le cahier des charges, c'est le règlement de la compétition : qui peut participer, combien de mégawatts sont en jeu, comment les dossiers sont notés et ce que le lauréat s'engage à faire. Pour cette 9e période de l'AO PPE2 PV Sol :

  • Qui peut candidater ? Les centrales au sol et agrivoltaïques en métropole continentale, de 500 kWc à 30 MWc, sans plafond de puissance pour les sites dégradés (friches, anciennes carrières, délaissés routiers…).
  • Combien ? 925 MWc, dont 200 MWc réservés aux projets de moins de 5 MWc. Les projets agrivoltaïques et sur jachère sont limités à 500 MWc.
  • Quand ? Dépôt des offres du 20 au 31 juillet 2026, sur le site de la CRE.
  • Comment sont notés les dossiers ? Sur 100 points : prix (70), bilan carbone des panneaux (16), implantation sur un terrain dégradé (9), gouvernance partagée (5) ou financement participatif (2). Le prix plafond n'est pas public.
  • Les conditions d'entrée : une autorisation d'urbanisme valide, un bilan carbone inférieur à 550 kg CO2/kWc et, nouveauté, un critère de résilience de l'approvisionnement : l'installation ne doit pas être assemblée dans le principal pays fournisseur hors Union européenne, et au moins 4 de ses 8 composants clés ne doivent pas en provenir, dont obligatoirement les modules, les cellules et les onduleurs.
  • Le ticket d'entrée : une garantie financière de 30 000 € par MWc, restituée si le projet n'est pas retenu, et une garantie de démantèlement de 10 000 € par MWc pour certains projets de plus de 10 MWc.

En gros : le prix pèse 70 % de la note. Les autres critères comptent, mais c'est d'abord une course au prix le plus bas.


📊 Le tableau récapitulatif : les résultats de la 9e période

Indicateur9e période (juillet 2026)8e période (rappel)
Prix moyen pondéré61,33 €/MWh79,48 €/MWh
Évolution du prix-23 %—
Puissance appelée925 MWc—
Puissance déposée5 358,66 MWc—
Sur-souscription× 5,8—
Dossiers déposés731—
Lauréats125 projets, 931,40 MWc—
Clôture du dépôt31 juillet 202613 juin 2025

Sources : DGEC et CRE. Certains médias ont repris le chiffre de 8,3 GWc déposés : la liste officielle de la DGEC indique 5 358,66 MWc.


Qu'en retenir ?

Avec un prix moyen en chute de 23 % et près de six fois le volume demandé, cette période est présentée comme historique. Mais elle intervient après plus de 13 mois sans session : la sur-souscription traduit d'abord l'embouteillage de projets en attente, et le prix, un réflexe de survie face à un calendrier incertain. S'y ajoute une forte concentration : quatre groupes captent environ 70 % de la puissance attribuée.

🚨 Pour la FNES, un prix bas obtenu sous la peur n'est pas une victoire. La vraie question arrive maintenant : qui va construire ces centrales, et à quelle qualité ?

Voici le détail, expliqué simplement :

1. Un prix moyen en chute de 23 %

  • Le prix moyen pondéré passe de 79,48 €/MWh à la 8e période à 61,33 €/MWh.
  • Cette baisse intervient alors que le cahier des charges intégrait un nouveau critère de résilience de l'approvisionnement, plutôt de nature à renchérir les projets.
  • Selon la presse spécialisée, ce niveau passe sous les prix du marché de gros attendus pour 2027.

En gros : c'est une bonne nouvelle pour le coût du soutien public. Mais un prix aussi bas, dans un contexte de raréfaction des sessions, pose la question de la réalisation effective des projets.

2. Une sur-souscription d'embouteillage

  • 731 dossiers pour 5 358,66 MWc, soit près de 6 fois les 925 MWc appelés.
  • Selon la CRE, cette souscription s'explique en grande partie par la forte hausse des projets de moins de 5 MWc, qui représentent 61 % des dossiers déposés.
  • La période précédente s'était clôturée le 13 juin 2025 : plus de 13 mois sans session.

En gros : ce n'est pas un marché qui déborde, c'est un tuyau qu'on a fermé pendant plus d'un an, puis rouvert d'un coup. Les plus petits développeurs, qui ont le moins de marge pour attendre, ont tout misé sur cette session.

3. Quatre groupes captent 70 % de la puissance

GroupeProjetsPuissancePart
EDF power solutions*22251,6 MWc27 %
Reden11187,73 MWc20,2 %
Mexens (ex-Technique Solaire)13148,33 MWc15,9 %
Sun'R764,09 MWc6,9 %
Total des 4 groupes53 projets sur 125651,75 MWc≈ 70 %

*Chiffre pv magazine : les sociétés de projet d'EDF ne portent pas son nom dans la liste DGEC. Autres chiffres : calcul FNES à partir de la liste DGEC, par regroupement des sociétés de projet.

  • À l'inverse, plusieurs opérateurs historiques habituellement bien servis sont absents du classement.
  • Les projets citoyens restent marginaux : deux lauréats seulement, pour 1,84 MWc (0,2 % de la puissance).
  • La plus grande centrale retenue fait 34,38 MWc, à Criquebeuf-sur-Seine (Eure).

En gros : la concurrence n'a pas profité à la diversité des acteurs : quelques groupes, en mesure de proposer les prix les plus bas, raflent l'essentiel du volume.

4. Une géographie très concentrée

RégionPuissance attribuée
Nouvelle-Aquitaine422,73 MWc
Grand Est97,69 MWc
Bourgogne-Franche-Comté89,29 MWc
Occitanie67,89 MWc
Centre-Val de Loire64,48 MWc
Provence-Alpes-Côte d'Azur40,35 MWc
Normandie39,02 MWc
Auvergne-Rhône-Alpes38,71 MWc
Bretagne34,59 MWc
Pays de la Loire25,02 MWc
Hauts-de-France11,62 MWc
Île-de-France—

Calcul FNES à partir de la liste DGEC.

  • La Nouvelle-Aquitaine concentre à elle seule 45 % de la puissance attribuée.
  • Le Lot-et-Garonne pèse près de 190 MWc, soit environ 20 % du volume national.
  • Une seule commune, Allons (47), accueille 4 projets d'une même société pour 112 MWc.

En gros : trouver des équipes qualifiées pour construire 112 MWc au même endroit, au même moment, à 61 €/MWh, sera un vrai défi pour le tissu local.

5. Qui va construire ?

  • Chaque centrale lauréate doit être construite dans les délais, au prix proposé.
  • Les installateurs et sous-traitants qualifiés ont été durement touchés par la crise de ces derniers mois.
  • À ces prix, il faudra bien rogner quelque part : main-d'œuvre, matériel ou contrôles.

En gros : on risque bientôt de voir un autre record : celui des projets fantômes, faute d'avoir pu être réalisés.

⚠️ Le point qui interroge : la CRE estime qu'un nombre limité de périodes intensifie la concurrence et réduit le coût pour l'État. C'est exact sur le papier, mais c'est précisément ce qui produit des prix de panique et des projets fragiles. La CRE elle-même recommande d'ailleurs un maximum de visibilité sur le calendrier.

🚨 La position de la FNES : la filière a besoin d'un calendrier pluriannuel publié et tenu, d'un suivi public du taux de réalisation des lauréats, et d'exigences de qualité et de sous-traitance qualifiée dans les cahiers des charges. Augmenter les garanties financières à l'entrée ne réglera pas le problème.


💡 Ce que ces résultats ne disent pas

  • Combien de lauréats iront réellement au bout : aucun taux de réalisation n'est publié à ce jour.
  • Le coût réel de construction à 61 €/MWh, ni la part confiée à des sous-traitants.
  • Comment le nouveau critère de résilience de l'approvisionnement a pesé dans le classement.

📋 La liste complète des 125 lauréats

La DGEC publie la liste officielle des lauréats, triée par région et département : société lauréate, nom du projet, puissance et commune. 👉 Télécharger la liste des lauréats de la 9e période (PDF)

📅 Et maintenant ?

  1. Jusqu'au 16 octobre 2026 : dépôt des offres de la 5e période de l'AO technologiquement neutre (500 MW).
  2. Prochains jours : précision des modalités du futur AO neutre annoncé par la ministre.
  3. Début 2027 : AO technologiquement neutre avec une prime pour les projets associant production et flexibilité. Les candidats non retenus pourront y revoir leur positionnement.

📖 À lire aussi : notre décryptage des résultats de l'AO Petit PV (2e période).

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